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Tetro

Vincent Gallo. Memento Films Distribution

Ronan

Étrange film que ce Tetro. L'histoire d'un écrivain qui n'écrit pas, en froid avec sa famille et que son jeune frère vient quand même débusquer à Buenos Aires pour tenter un rapprochement qui ne sera pas sans conséquences. Le film navigue entre images en noir et blanc pour tout ce qui se passe au présent et images couleurs en HD pour les scènes de souvenir et les séquences chorégraphiées illustrant de façon poétique les liens tortueux entre les personnages. Tetro emprunte un peu à tout, il y a quelque chose de baroque, de très italien dans cette saga familiale où le père reste une figure impressionnante (Klaus Maria Brandauer que l'on avait presque oublié, y est à son aise). On sent quelque chose de l'opéra dans cette histoire découpée en scènes et en lieux. Les genres se mêlent, tant dans l'histoire que dans sa forme, on trouve du théâtre, de la comédie musicale, de la danse, de la poésie, etc. Je reste surtout subjugué par la lumière et les cadrages des scènes en noir et blanc, d'une beauté désarmante. L'histoire reste dans les limites de son classicisme, car là n'est pas le propos. Je crois que de ce film, si on l'apprécie, restent surtout des images fortes, celles notamment de Vincent Gallo, plus beau que jamais (les autres acteurs sont excellents aussi, d'ailleurs), et un talent pour filmer la fascination et les regards de l'artiste qui en dit probablement long sur le réalisateur lui-même.

Au final, je dirais que j'y ai retrouvé quelque chose de Sueurs froides et de son très intéressant remake Obsession de Brian De Palma (ami fidèle de Francis Ford, soit dit en passant), mis à vif par un plaisir de créer qui transparaît partout dans le film, comme dans toute l'œuvre de Coppola. Un objet étrange et plaisant, deux qualités rarement réunies au cinéma, de nos jours.

Laura

Je ne renierais pas la qualité esthétique du film, le noir et blanc très léché, la précision des plans très travaillés, ni la beauté et le charisme de Vincent Gallo et des autres acteurs accessoirement ;)

Mais je n'ai pas accroché sans pouvoir vraiment l'expliquer... Je suis restée spectatrice, à admirer l'aspect esthétique, les métaphores du scénario, etc. Du coup, ça m'a paru un peu long...

 
Tetro
Réalisé par Francis Ford Coppola
Avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu, ...
Année de production : 2009
Là-haut

Walt Disney Studios Motion Pictures France

Laura

Où tout est neuf et tout est sauvage... hum pardon.

Là-haut raconte l'histoire d'un vieux monsieur, Carl, qui veut réaliser la promesse qu'il a faite à sa femme, aujourd'hui morte, d'aller en Amérique du Sud. Pour cela quoi de plus simple que d'accrocher une ribambelle de ballons à sa maison et hop c'est parti ! Mais il ne sait pas qu'il embarque avec lui Russell, un petit aventurier pas toujours à l'aise dans ses baskets.

Ce film est ponctué de touches d'humour (le chien est absolument génial) tout en arrivant à être au plus près des émotions des personnages. Il aborde en toile de fond la lourde question du deuil et de l'abandon avec finesse et légèreté et flirte avec l'action sans jamais s'y laisser prendre. Le traitement de la 3D est à l'image du film, elle contribue à renforcer l'univers général de l'histoire sans tomber dans de la pure démonstration. Un juste dosage pour un film sympa et agréable. « L'aventure c'est super !! »

Ronan

Tu oublies de parler du Daboo : improbable espèce de paon croisé avec une autruche savante ! Hillarant ! Comme toujours, c'est l'art du détail et du double-ton (adultes/enfants) des studios Pixar qui font bravoure et nous offrent ce film très plaisant. Comme toujours, on retrouve de nombreuses références cinématographiques et une certaine ambiguïté qui a donné à réfléchir aux Studios Disney.

Mais comme toujours, oui, nous retrouvons ces éléments... avec peut-être quelque chose de moins ? J'avoue qu'après la grande originalité de Ratatouille, le génie cinéphilique des Indestructibles ou l'audace de Wall-e, on sent poindre dans ce film un léger sentiment de déjà-vu, tant dans l'animation des personnages que dans l'humour, un peu comme... chez Disney ? Je ne fais que me poser la question, bien sûr, et Là-haut reste un film à voir pour passer un bon moment sans être pris pour un imbécile, ce qui est un plus ! Tout ça pour dire, eh bien, qu'on attend la suite !...

 
Là-haut
Réalisé par Pete Docter, Bob Peterson
Avec Edward Asner, Jordan Nagai, Bob Peterson, ...
Année de production : 2009
Avatar

Twentieth Century Fox France

Ronan

Ok, ok, ça fait un bail qu'on n'a pas fait d'articles, mais on a vu plein de films ! Donc, promis, on va remettre ça à jour petit à petit avec nos modestes impressions. On commence en beauté avec le si attendu Avatar que nous avons pu voir ce soir en avant-première.

Évidemment, ce n'est pas très facile d'en faire le tour en aussi peu de temps. Je dirais d'abord à tous ceux qui se demandent si tout ce tapage médiatique de plusieurs années en valait la peine, la réponse est oui ! Non pas un grand oui enthousiaste du fan inconditionnel, mais un oui raisonnable, car effectivement, nous n'avons encore jamais vu cette utilisation de l'image en relief auparavant. L'invitation qui vous est faite de rejoindre la planète Pandora, son climat, sa flore et sa faune est un voyage des plus dépaysants. Tous les efforts sont mis dans le soin de vous faire parcourir de façon suggestive cette nouvelle terre par tous vos sens. Les moindres petits détails : la poussière qui se prend dans la lumière, des orteils qui rentrent dans la terre meuble, une piste qu'il faut percevoir et flairer, ou vous faire déguster un fruit inconnu, tout cela est traîté avec énormément d'intelligence et de finesse.

Un soin tout particulier est apporté aussi pour vous habituer à ce nouveau mode de vision : vous êtes pris en charge par la mise en scène dès le début du film, on fera voyager votre œil dans des perspectives de plus en plus différentes, et quand vous débarquez sur les terres de Pandora, là, préparez-vous au grand saut !

Je dirai que la principale qualité de ce film est qu'il a compris ce qu'il est sensé être, c'est à dire l'ouverture d'une nouvelle face du cinéma. C'est pourquoi il reste très introductif et ne se permet pas de faire un panel total de l'utilisation de la 3D, encore perfectible. Il se repose ensuite sur le plaisir de raconter une histoire vue et revue, certes, mais jamais encore de cette façon-là.

Je passe donc le scénario qui ne surprendra personne, car ce n'est pas le but, James Cameron nous a promis de nous faire voir quelque chose de nouveau et le message est passé. Je ne demande qu'une chose, c'est que tous ceux qui se sont surpris à certains moments à craindre la poussière dans les yeux, à s'attendre à sentir l'odeur d'un personnage ou sa chaleur, imaginez-vous maintenant le basculement que cela peut créer dans tous les domaines que le cinéma a connu. Car c'est bien ça, la boîte de Pandore du film et James Cameron, qui l'a ouverte, se pose dans cette histoire en hérault, ce devant quoi je ne peux que m'incliner.

Laura

Une belle claque qui tient ses promesses.
Le tant attendu Avatar est enfin arrivé sur notre toile brestoise et qui plus est, en avant-première. L'occasion était trop belle. Méfiante, excitée, curieuse. Même si la machine médiatique avait fait son œuvre, pour moi, tout n'était pas gagné d'avance. Et bien non, je ne suis pas déçue et même très agréablement surprise.

Après le premier quart d'heure nécessaire pour s'adapter à la 3D, on oublie qu'on a les lunettes de Polnareff sur le nez et on se laisse embarquer dans les images. Notez que j'ai bien écrit les images et pas l'histoire. Parce que, finalement on aurait presque pu s'en passer. Il faut bien dire que le scénario rebattu des méchants civilisés venus conquérir le monde, représentés par les stéréotypes du militaire et du promoteur, ne portait pas vraiment le film. Mais qu'importe, on n'est pas là pour ça, on veut être surpris, transporté, ébloui et ça marche à fond.

Pandora est une planète merveilleuse, magnifique, un exemple suprême de biodiversité à faire pâlir Nicolas Hulot. On n'en finit pas de creuser chaque plan du regard pour s'emplir du moindre détail de paysage (servi magnifiquement par la 3D). Les scènes d'action s'équilibrent parfaitement avec des instants de pure contemplation. L'univers est très bien construit, complet et les personnages sont d'une expressivité troublante (particulièrement l'héroïne). Finalement on entre vraiment dans la peau du personnage principal, au point de souffrir de ses retours à la réalité de son corps. On veut repartir, découvrir, en voir toujours plus.

J'ai la tête pleine d'images époustouflantes et j'aimerais vraiment en rêver cette nuit... Je pense que le pari est tenu.

PS : demain je vais à l'animalerie la plus proche, ils auront peut-être ce petit lézard qui déploie ses ailes lumineuses pour planer comme un hélicoptère...

 
Avatar
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
Année de production : 2009
Dans la brume électrique

TFM Distribution

Laura

Le film a pour décor principal la Louisiane d'après Katrina. Il en ressort l'image d'un lieu à l'abandon, zone de non droit hors des règles. C'est le lieu idéal pour un personnage de flic qui franchit la limite. Cette sensation d'isolement répond tout à fait à la brume épaisse qui masque les événements et permet le surgissement du rêve et du passé. Du point de vue de l'ambiance, c'est vraiment très réussi.

Ce qui m'a plus gênée, c'est le côté un peu systématique voire caricatural de ce flic qui dérape et se met à cogner sur les méchants sous l'oeil étonnamment compréhensif d'une fédérale. Certains raccourcis m'ont donné l'impression que j'étais devant un film de genre qui répondait point par point aux codes habituels sans assez de subtilité et d'inventivité à mon goût.

Ronan

Ce sont certainement un peu les mêmes raisons qui m'ont fait apprécier ce film : le côté systématique et très codé de ce polar (pas très noir) le range parmi ces films qui revisitent les genres avec curiosité et un goût de l'étrangeté, pour le plaisir et surtout l'amour du cinéma.

Certains détails, comme l'importance de la brume (et même les panneaux indicateurs omniprésents et jamais utiles, si si ! faites attention !), ou encore ce vieux général sudiste qui apparaît de temps en temps pour commenter les quêtes de Tommy Lee Jones, m'ont beaucoup plu. Il y a, en somme, un aspect très rétrospectif dans ce film, qui en rebutera plus d'un, mais qui réussit à dépeindre la Louisiane avec beaucoup de finesse, comme une terre sans lois, perdue dans les brumes du temps.

On retrouve certains aspects du Sud des Etats-Unis qu'on avait pu trouver, déjà, dans Minuit dans le jardin du bien et du mal ou un traitement de l'histoire qui va chercher un peu plus loin que son intrigue et se perd dans un pays de Trois enterrements, ce qui n'est bien sûr, comme le confirmera Bertrand Tavernier, pas un hasard...

 
Dans la brume électrique
Réalisé par Bertrand Tavernier
Avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, ...
Année de production : 2008
Good Morning England

Nick Frost, Rhys Ifans et Philip Seymour Hoffman. StudioCanal

Laura

Un chouette film, une bouffée d'air frais, de vent du large. Un juste mélange d'amitié, de plans foireux, de révolte et d'espoir. Les personnages, bien construits et approfondis évitent la caricature qui aurait pu être un piège facile. Les acteurs les incarnent avec humanité, fraîcheur, les rendant ainsi touchants et drôles. On ne peut que se ranger du côté de ces doux rêveurs passionnés, prêts à mourir pour un album ou un silence à l'antenne. Et l'on finit par regretter cette radio pirate qui même aujourd'hui, bousculerait un paysage radiophonique certes vaste mais souvent homogène.

Le décor du bateau, symbole de la liberté de ces têtes brûlées, fonctionne vraiment très bien. Il est vieux, un peu bancale mais très vivant. Les acteurs ont vraiment vécu dessus, avec toute l'équipe technique. Tous les matins ils partaient en mer pour tourner en conditions réelles. L'ambiance du film se nourrit de cette proximité des acteurs. Enfin, c'est un réel plaisir d'entendre les tubes 100% rock qui habitent le film (plus qu'ils ne l'agrémentent). On peut en écouter quelques uns sur le site officiel, http://www.goodmorningengland-lefilm.com/site/index.html

Ronan

Entre Philip Seymour Hoffman (The Big Lebowski), Rhys Ifans (Human Nature), Bill Nighy (Shaun of the dead) ou Nick Frost (Hot Fuzz), et encore, la liste est longue, bref ! nous avons là une compilation d'acteurs spécialisés dans les comédies décalées de ce début de siècle, qui sont venus faire un crochet non regrettable par la comédie grand public à l'anglaise !

Autant le dire, tout de suite, si l'intrigue n'est pas bien épaisse et l'univers systématiquement manichéen, on n'en a cure ! On se poile d'un bout à l'autre de ce film porté essentiellement par le talent de ces comédiens qui enrichissent ce huis clos avec une facilité déconcertante. J'ai beaucoup aimé également la qualité de la reconstitution : on se retrouve plongé dans les années 1960, avec ses qualités et ses défauts mais beaucoup de réalisme, avec aussi, jusqu'au scénario je dirais, un clin d'oeil soutenu au style de films de ces années-là (le final interminable s'explique sans doute un peu là-dedans).

Pour les mordus de l'histoire qui resteront fascinés par cette histoire de cargo-radio-pirate, sachez qu'elle s'inspire d'un fait réel que j'étais trop jeune pour connaître : Radio Caroline, qui a émis de 1964 à 1989. Une belle histoire, en tout cas, servie par une BO impeccable !

 
Good Morning England
Réalisé par Richard Curtis
Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy, ...
Année de production : 2009
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